La supervision clinique n'est pas seulement un espace pour "améliorer sa technique". Elle est, avant tout, un espace de révélation de la posture du thérapeute — de ses valeurs, de ses impensés, de sa façon d'être en relation.
La posture comme révélateur
Dans un groupe de supervision récent, une thérapeute présentait une situation de couple en crise sévère. Sa présentation était techniquement irréprochable — génogramme, hypothèses systémiques, objectifs thérapeutiques bien définis. Mais quelque chose sonnait creux.
En explorant la dynamique de la présentation, nous avons découvert que la thérapeute évitait systématiquement d'aborder la question de la violence conjugale présente dans la situation. Cet évitement n'était pas délibéré — il était le signe d'un impensé éthique sur ce que signifie "ne pas prendre parti" dans un système familial.
L'éthique en contexte systémique
L'approche systémique, dans ses versions classiques, a parfois été critiquée pour sa neutralité excessive face aux asymétries de pouvoir dans les familles. La supervision est un espace essentiel pour interroger cette neutralité et articuler une pratique systémique qui reste attentive aux questions d'éthique et de protection.